Agir ensemble contre le choc des savoirs !

 

Depuis des mois la CGT Éduc’action martèle son opposition au « Choc des savoirs » et à sa mesure emblématique des groupes de niveaux au collège. La parution du décret n’y change rien.

Nous ne voulons pas d’une mesure qui change profondément le sens de nos métiers en organisant un séparatisme scolaire et social. Refus du tri, de l’orientation précoce, d’une évaluation permanente et standardisée, des manuels labellisés et du brevet comme barrière pour accéder au lycée : personnels, familles et élèves sont uni·es et déterminé·es pour y porter un coup d’arrêt.

Grèves, tractages, rassemblements, manifestations, réunions publiques : nous voulons le retrait de cette réforme et nous allons poursuivre la lutte pour qu’elle ne s’applique pas .

Attention aux fausses pistes !

Le ministère utilise sa stratégie habituelle de laisser les établissements se débrouiller seuls avec une réforme inapplicable dont les collègues ne veulent pas. Sans surprise, les solutions trouvées localement pour échapper à cette catastrophe sont très disparates. Mise en place de groupes conservant l’hétérogénéité mais supprimant de fait les dédoublements dans la plupart des disciplines, création de groupes de besoins sur une heure, forme d’annualisation pour contourner les 10 semaines en classe entière… Toutes les astuces pour échapper au décret en s’appuyant sur l’autonomie des établissements permettent de retarder l’échéance mais une seule solution peut obtenir l’abrogation : la lutte collective !

Désorganisation à tous les étages

Les conséquences de la réforme Chocs des savoirs seront catastrophiques pour les élèves : perte d’estime d’eux∙elles-mêmes, stigmatisation, pression sur les évaluations de français et de mathématiques toute l’année, manque d’aide, manque de différenciation rendue inopérante.

Du côté des professeur·es de français et de mathématiques la souffrance au travail va augmenter car cette réforme est un non-sens pédagogique, crée des obstacles dans l’aide apportée aux élèves les plus en difficulté, génère un temps de travail supplémentaire (progression commune, changement de groupe), des EDT contraints par des alignements horaires. Elle met en cause l’égalité de traitement entre les élèves et le principe de l’inclusion.

Les professeur·es de français et maths ne pourront plus être PP car ils·elles n’auront pas tou·tes les élèves d’une même classe.

Agir ensemble

La mesure  » groupes de niveaux  » de la réforme concerne particulièrement les disciplines français et mathématiques. Les équipes sont dès à présent confrontées à la mise en place des groupes de niveaux : réunions avec les IPR des disciplines en établissement, sur les districts, formations organisées par les académies, constitution des groupes… Les équipes ne doivent pas rester isolées. C’est dans la construction du collectif : réunion d’équipe, décision collective de ne pas participer aux formations/réunions de mise en œuvre de la réforme, déclaration commune, pétition, heure d’info…que nous lutterons contre ces mesures.

C’est l’idéologie même de la réforme que nous rejetons. Elle aura des conséquences sur l’ensemble du système scolaire, sur l’ensemble des équipes !

Ni école Attal ni tri social !

Cette réforme inique, le gouvernement veut la faire passer en force. Les établissements qui tentent de faire jouer leur liberté pédagogique et leur autonomie sont recadrés par les directions académiques et les équipes éducatives tancées.

Face au coup de force permanent, nous ne sommes pas démuni·es de moyens d’action. La résistance menée dans la rue et au sein de nos syndicats doit être relayée dans nos établissements, écoles comme collèges. Il nous faut refuser de faire ce tri scandaleux qui va détruire le collège unique et la promesse d’émancipation pour toutes et tous. Professeur·es, rien n’oblige à remplir les grilles d’évaluation lors du passage CM2-6ème, ni à construire les progressions communes et les évaluations communes au collège. S’ils ∙elles veulent trier, qu’ils∙elles le fassent .

La lutte pour une école émancipatrice

Guidés par l’exemple de la Seine-Saint-Denis qui attaque son 3ème mois de grève, plusieurs autres départements ont engagé un front commun rassemblant les personnels et les parents d’élèves. Du 25 avril au 7 mai, le département du 92 s’est engagé dans 3 journées « Collèges déserts » en intersyndicale avec les FCPE locales. Résultats: 22 villes sur les 36 du département étaient concernées, 46 collèges, près de 60 000 élèves qui ne sont pas allé·es en cours, 800 personnes qui manifestent sur 3 lieux différents. Ce combat c’est le combat de toute la société pour un système plus juste et émancipateur. Nous pouvons expliquer et convaincre les parents de s’engager. A nous, militant·es de la grève, de créer ces liens !

la CGT éduc’action continue d’exiger…

  • l’abandon du choc des savoirs
  • l’attribution des heures dédiées aux groupes de niveau à la baisse des effectifs par classe
  • l’abandon du pacte au bénéfice d’une revalorisation salariale sans condition
  • l’abandon des suppressions de postes
  • la cgt éduc’action appelle l’ensemble des personnels à se réunir en ag pour amplifier la mobilisation