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Protocole sanitaire au collège : du vent, mais pas d’aération

La nouvelle vague de COVID, renforcée par le spectre du variant Omicron, s’abat sur l’école avec une force sans précédent. Pour autant, le « protocole sanitaire » reste un outil de communication ministériel plus qu’un moyen de protéger élèves et personnels en endiguant la transmission du virus.

Les collèges font par exemple face à une situation particulièrement ubuesque. Les injonctions contradictoires et incompréhensibles reçues par les personnels rendent leur cadre de travail intenable en les forçant à déployer une énergie exceptionnelle pour tenter de briser les chaînes de contamination.

La nécessité de réagir en fonction du statut vaccinal des élèves ralentit des mesures d’isolement qui relèvent pourtant de l’urgence sanitaire. Le travail de contact tracing dévolu à l’ARS amène à des situations invraisemblables où des cas positifs n’entraînent aucun cas contact malgré des journées entières passées ensemble dans des établissements mal ventilés, avec un port du masque aléatoire de la part des élèves. La prise en compte des périodes d’incubation semble être tout à fait aléatoire. De plus, les équipes en charge des classes de 6ème travaillent dans un flou protocolaire total du fait que ces élèves sont rattachés au cycle 3 et ne sont pas encore tous âgés de 12 ans.

Les situations ubuesques se multiplient. Des élèves positifs ayant passé 2 heures de cours dans une salle sans fenêtres, et donc sans aération, peuvent par exemple n’entraîner aucun cas contact dans la classe car le port du masque protégerait totalement de l’infection, tandis que des classes entières sont déclarées cas contact et fermées car un cas positif s’est déclaré le lendemain d’une séance de VTT en EPS, se déroulant pourtant en extérieur et avec distanciation mais sans masque.

Malgré le consensus scientifique sur la transmission par aérosols du virus, les salles de classe semblent être perçues par notre ministère comme des lieux hors de toutes logique physique et sanitaire. Aucun principe de précaution ne semble faire le poids contre la volonté de faire bonne figure.

Plus que de protéger les élèves, leur famille et le personnel en cassant les chaînes de contamination, le protocole ne sert visiblement qu’à réduire le nombre de fermetures de classes, dans une volonté d’étouffement statistique de l’épidémie en milieu scolaire. Tout cela au prix de l’épuisement des personnels en charge de la gestion des cas contacts (pourtant réduits au minimum !) et d’une ambiance anxiogène peu propice à la pédagogie.

Versailles, le 17 décembre 2021

CGT Educ’action des Yvelines – 4 place de Touraine 78000 VERSAILLES
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